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Actualité exercice cyclone 2026

Exercice Cyclone 2026

12/10/2026

Le jeudi 8 octobre, le Haut-commissariat a organisé un exercice de gestion de crise cyclonique de grande ampleur, auquel Météo-France Polynésie française a activement contribué, tant lors de sa préparation que pendant son déroulement.

Hina, c’est le nom de la dépression tropicale qui se situe à 600 km au nord de Raiatea, le 8 octobre à 2 heures locales.

Selon le scénario retenu, Hina se déplace vers l’ouest tout en se renforçant, avant de bifurquer vers le sud, puis de prendre la direction de l’est. Les Tuamotu du Nord-Ouest et l’archipel de la Société se retrouvent alors exposés à une menace cyclonique. Hina pourrait atteindre le stade de dépression tropicale forte, avec la possibilité d’une évolution en cyclone tropical.

C’est sur cette situation fictive que s’est appuyé l’exercice cyclone 2026, organisé le jeudi 1er octobre sous la coordination du Haut-Commissariat. L’objectif était de mettre à l’épreuve la capacité des services de l’État, du Pays, des communes et des opérateurs de services essentiels à coordonner leurs interventions et à agir efficacement face à une menace cyclonique.

Au-delà de cet entraînement collectif, l’exercice a également été l’occasion de rappeler l’importance de la préparation individuelle et familiale à l’approche de la saison cyclonique. Dans un contexte marqué cette année par un épisode El Niño particulièrement intense, qui appelle à une vigilance accrue face au risque cyclonique, les autorités invitent la population à se préparer dès maintenant. La Polynésie française n’ayant pas connu de cyclone majeur depuis Oli, en 2010, il est essentiel de maintenir une culture du risque et d’adopter les bons réflexes pour faire face à une éventuelle situation d’urgence.

Comme chaque année, Météo-France a joué un rôle essentiel dans cet exercice. Les experts de Météo-France en Polynésie française ont été mobilisés et ont travaillé en étroite coordination pour assurer un suivi continu de l’évolution du phénomène cyclonique et apporter aux services en charge de la gestion de crise les informations météorologiques nécessaires à la prise de décision.

Définition et caractéristiques d'un cyclone

Le terme « CYCLONE » désigne les perturbations atmosphériques tourbillonnaires tropicales qui affectent le Pacifique Sud durant l’été austral, à partir d’une certaine intensité. La direction inter-régionale de Météo-France utilise la terminologie précisée dans le cadre de l’Organisation Météorologique Mondiale, pour le Pacifique Sud, basée sur l’intensité des vents moyens, les plus forts existants au voisinage du centre de la perturbation.

On qualifie un phénomène météorologique de « cyclone tropical » lorsque les vents moyens maximaux dépassent les 118 km/h. À partir de l’intensité « dépression tropicale modérée », un nom est attribué à la perturbation cyclonique, selon une liste préétablie par le Comité des cyclones tropicaux du Pacifique Sud. Cela permet d’avoir une identification internationale sans ambiguïté.

Les risques associées :

Les risques liés directement au vent :

Selon le relief, il est important de noter que les perturbations classées ci-dessus peuvent voir localement leurs caractéristiques fortement modifiées, lors de leur passage sur les îles hautes, et dans certains cas, leurs effets dévastateurs considérablement amplifiés. La violence des vents peut provoquer des chutes d’arbres, des ruptures des câbles électriques et des lignes téléphoniques ainsi que des dégâts aux habitations et infrastructures, voire la destruction complète d’habitations. Par ailleurs, les vents cycloniques peuvent transformer les divers objets en projectiles meurtriers. Le passage de l’œil d’un cyclone (centre de l’ensemble tourbillonnaire) est particulièrement dangereux, car il s’accompagne d’une accalmie temporaire, de durée variable, suivie d’une reprise brutale des vents les plus forts.

Les risques liés à la pluie :

Les vents s’accompagnent souvent de pluies diluviennes qui entraînent des écoulements torrentiels pouvant charrier des roches et inonder chemins et routes. Ces pluies provoquent une intense érosion des sols, des éboulements, voire d’importants glissements de terrain.

Les risques côtiers :

À l’approche du cyclone tropical, le niveau de la mer s’élève en raison du phénomène de marée de tempête. Les vagues s’amplifient et envahissent les zones littorales non protégées et provoquent des submersions marines côtières ainsi que l’ensachage des lagons (remplissage du lagon par déferlement des vagues par-dessus la barrière de corail).

Il faut noter que dans certaines configurations d’intensité et de déplacement des cyclones (trajectoire régulière), les houles générées par les vents cycloniques peuvent atteindre une dizaine de mètres. Elles se déplacent plus rapidement que le cyclone, et peuvent donc être ressenties avec une intensité élevée quelques centaines de kilomètres et quelques dizaines d’heures à l’avant du système.

L'alerte cyclonique

La surveillance, le suivi et les prévisions des perturbations cycloniques sont effectués en permanence par Météo-France. Malgré les progrès significatifs réalisés, ces prévisions restent assorties d’une incertitude inhérente à la complexité des phénomènes en cause. Compte tenu de la violence extrême des cyclones et de ses conséquences, la part d’incertitude des prévisions, plus importante lorsque l’échéance est lointaine, doit absolument être prise en compte dans le système d’alerte et lors du déclenchement des différentes phases. Il est essentiel qu’un préavis suffisant puisse être laissé aux populations, aux autorités et aux acteurs économiques pour prendre les précautions et les dispositions indispensables avant l’arrivée éventuelle du phénomène.

On considère qu’il y a menace cyclonique dans une zone à partir du moment où il y a un risque notable et que les vents moyens dépassent les 100 km/h. Les niveaux d’alerte sont déclenchés sans préavis particulier.

Les différents niveaux d'alerte :

La situation de veille : Elle constitue la situation normale pendant la saison cyclonique (en pratique de novembre à mars) en l’absence de menace pour la Polynésie française dans les prochaines 72 heures.

La mise en garde cyclonique : elle constitue pour chacun une mise en garde contre le péril cyclonique. Une perturbation cyclonique présente une menace potentielle pour une partie de la Polynésie française dans les prochaines 72 heures.

La pré-alerte cyclonique : cette pré-alerte indique que la menace cyclonique se précise. Il y a un danger dans un délai inférieur à 48 h. « La pré-alerte » pourra être éventuellement maintenue après le passage du phénomène, si un retour de celui-ci peut être envisagé dans les 48 prochaines heures.

La phase d’alerte cyclonique : elle indique que le danger cyclonique se confirme et devient imminent. La perturbation cyclonique affectera une partie de la Polynésie française dans les 12 à 18 heures qui viennent avec un risque de conditions cycloniques (vents moyens supérieurs à 100 km/h). Afin de permettre à l’ensemble de la population de rejoindre son domicile ou de gagner un abri, l’interdiction de circuler sera annoncée 6 heures avant que la mesure n’entre en vigueur.

La phase de sauvegarde :  la phase de sauvegarde est décidée, si besoin, après le passage de la perturbation cyclonique et la levée de l’alerte cyclonique, si les dangers indirects subsistent sur la zone (réseau routier totalement ou partiellement impraticable, arbres arrachés, fils électriques à terre, inondations, éboulements, …). Elle permet de gérer l’intervention des secours et des services d’intervention et une interdiction de circuler totale ou partielle pour la population. Le but de cette phase est d’évaluer les dégâts, de permettre de réactiver le maximum de réseaux au profit de la population ou de projeter des secours au profit d’une île ayant subi de gros dommages. L’interdiction de circuler à la population peut toujours être active

Fin d'alerte cyclone, retour à la situation de veille : la fin d'alerte indique que tous les dangers directement liés au cyclone sont écartés. Les équipes de secours ont rétabli un certain nombre de structures ou de réseaux permettant à la population de reprendre des activités en mode dégradés. Les secours sont en cours afin de revenir à la normale ; la phase de reconstruction est alors mise en œuvre par le gouvernement de la Polynésie française.

Le découpage géographique

L’étendue de la Polynésie française implique que les conditions cycloniques ne concernent pas l’ensemble du territoire en même temps. Les phases d’alertes doivent pouvoir se gérer par zone.

Alerte cyclonique, les gestes qui sauvent

Il est essentiel que chaque famille polynésienne se prépare aussi à la saison cyclonique en s’informant sur les mesures de sécurité à suivre. Ces mesures sont rappelées dans la brochure Alerte cyclonique / Fa’aarara’a vero rahi, téléchargeable sur le site internet du haut-commissariat :

https://www.polynesie-francaise.gouv.fr/Publications/Saison-cyclonique

Pour en savoir plus sur la préparation à la saison cyclonique

Chaque année, de novembre à avril, la Polynésie française est soumise au risque cyclonique. 

Vous trouverez sur le site internet du Haut-commissariat des informations et des conseils pour vous préparer ainsi que des consignes de sécurité à respecter pour vous protéger.