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Formation des cyclones :

PEUT-ON les DETRUIRE ou les MODIFIER ?
On le sait, on l'a vu, ce sont des phénomènes qui peuvent être extrêmement violents, provoquant d'énormes dégâts. Ils peuvent se révéler aussi par conséquent, de véritables tueurs malheureusement, car s'ils vivent essentiellement sur les mers, ils n'en ravagent pas moins les terres ou les îles lorsqu'ils les atteignent ou les traversent.
Certains pensent donc qu'on devrait chercher à les éliminer, à les détruire avant qu'ils ne deviennent trop dangereux pour les populations et leurs biens. On a déjà essayé ... sans grande réussite, il faut avouer. Car un ouragan en pleine maturité, c'est 5 bombes atomiques par seconde en équivalent énergétique ! L'énergie mise en jeu dans un cyclone est en effet colossale : la condensation moyenne de 10 cm d'eau par jour dans un rayon de 200 km autour du centre cyclonique (valeurs qui correspondent à un phénomène moyennement pluvieux), libère près de 400 milliards de watts, soit la production de 400 centrales nucléaires à pleine puissance (F. Roux et N. Viltard 1997). Alors imaginez l'énergie que l'on devrait employer pour détruire cette formidable machine thermodynamique ! Les essais effectués il y a quelques années ont rebuté les scientifiques ; on se souvient encore du fameux projet dénommé " STORMFURY " durant les année 60, qui n'a pas fourni de conclusions déterminantes.
L'idée de départ était d'agir sur un cyclone naissant avant qu'il ne soit de dimension et d'intensité trop importantes. Il s'agissait notamment de laisser tomber des particules métalliques d'iodure d'argent à partir d'avions survolant ce système en formation, afin de précipiter toutes les gouttelettes d'eau ou de grêle avant que le processus cyclonique ne démarre vraiment. Aucun effet durable n'a été démontré et le projet a été abandonné en 1971.
Différentes autres techniques proposaient une action pour amoindrir la convection et l'énergie en cours de développement dans le système nuageux initial. Par exemple, faire brûler de grandes quantités de pétrole sur le pourtour maritime pour produire des aérosols chargés de carbone modifiant l'équilibre radiatif des nuages, répandre une nappe d'hydrocarbures (bonjour la pollution !) sur les océans pour limiter l'évaporation, ou encore faire amener des icebergs pour refroidir l'eau sur le trajet des cyclones (oui, certains ont imaginé cela et pensé que c'était réalisable ...). Le but recherché - diminution de l'énergie et retombée rapide des masses d'eau en cours de convection dans les nuages - n'a guère été atteint. D'autres avaient même pensé à utiliser l'arme nucléaire pour " étouffer dans l'oeuf " l'embryon de cyclone, sans trop se soucier des conséquences des retombées radioactives d'ailleurs ... ! On dit que cette idée délirante avait été proposée par le maire de Miami en 1945, mais heureusement pas approuvée par le président de l'époque, Truman.

Ces essais ou recherches plus ou moins fantaisistes ont, depuis, été abandonnés, les chercheurs et météorologues ayant décidé de consacrer leurs études sur la prévention et la prévision. On s'est fait à l'idée qu'il FAUT CO-HABITER avec les cyclones dans certaines régions du monde. Et puis, surtout, on s'est rendu compte aussi que le cyclone était UTILE. Oui, utile ! Son rôle bénéfique consiste à libérer l'excès, le trop-plein de chaleur et d'humidité des Tropiques, telle une soupape de sécurité, et de les transférer plus au nord vers les régions qui en ont besoin, et qui, sans cela, seraient beaucoup plus froides. Le cyclone tropical participe donc pleinement au cycle climatologique et thermodynamique de l'atmosphère. Sans lui et ses congénères (il y en a entre 75 et 100 par an tout autour du globe, dont la moitié atteignent le stade d'ouragan ou équivalent), le climat de la Terre en serait bouleversé...

© 2000 Météo-France



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